Tutoriel : réalisation d’un collier plastron

Pour mon 3ème article, j’ai eu envie de me lancer dans la réalisation d’un tuto.

Ce sera : le collier plastron !

C’est mon tout premier alors vous serez indulgents 😉

On commence par la première étape, la réalisation du gabarit.

J’ai trouvé 2 supports en laiton, ici j’utilise le plus fin :

Avec le support, je vais réaliser un premier gabarit sur une feuille de papier. Pour cela, je pose une extrémité du support sur la feuille et je dessine le contour avec un crayon de papier.

Je continue ensuite de dessiner le gabarit en faisant rouler doucement le support:

Je le découpe

et je le glisse sous mon plan de travail en verre.

Le support en laiton n’étant pas forcément symétrique j’ai ajouté un repère 🙂

On peut maintenant s’attaquer à la deuxième étape : la réalisation du corps du collier.

Pour cela, j’utilise des restes de pâte que je conserve dans un sachet congélation.

Au cran 3 de la machine, je conditionne une quantité suffisamment importante pour recouvrir mon gabarit.

Je travaille sur un cran large parce que je sais que je vais ensuite recouvrir d’une fine plaque de motif ( cran 6 ). Si l’épaisseur de cette plaque est plus importante, on peut travailler avec un corps plus fin ( cran 4 ou 5 ). Si c’est trop fin, la pièce finale sera trop souple.

Pour obtenir cette forme, je ne déforme pas une longue plaque. Je préfère découper pour former l’arrondi. Du coup j’ai des jointures à effacer.

Pour ça : papier sulfurisé, carte de fidélité et on appuie doucement jusqu’à ce que les jointures disparaissent.

La pâte colle maintenant à la plaque de verre. Il faut donc la décoller en passant la lame rigide en dessous.

Je place ma pâte sur le papier sulfurisé et je récupère ensuite mon gabarit que je dépose au dessus.

J’enlève l’excédent de pâte, je laisse juste quelques millimètres autour. Attention aux extrémités : l’épaisseur de la pâte fait que le gabarit est trop court donc je prévois toujours une marge plus importante de chaque côté.

Je place ensuite ma pâte sur le support en appuyant doucement pour la faire adhérer.

On en arrive à une étape délicate : enlever ce qui dépasse sans déformer la pâte. Pour ça, j’utilise ma lame rigide. Je commence par les grands bords, doucement:

Pour les extrémités, je préfère y a aller encore plus doucement. Je pose l’extrémité sur le papier sulfurisé et avec la lame rigide je viens enlever le trop de pâte en suivant au mieux l’arrondi du support.

L’arrondi n’est pas parfait mais il sera corrigé après cuisson. De cette façon, je déforme moins la pâte.

Et c’est parti pour une première cuisson sur un carreau de carrelage, une bonne vingtaine de minutes.

Après cuisson, la pâte se décolle toute seule du support. Par contre, je vous conseille d’attendre que la pièce refroidisse complètement pour qu’elle garde bien sa forme. Je termine ensuite le corps du collier par les finitions : le ponçage.

J’utilise un papier gros grain ( 220 ) pour que les bords soient impeccables.

Je vérifie en passant le doigt. Je ne dois sentir aucune irrégularité.

Je préfère ne pas négliger cette étape parce que lors de la pose de la plaque de motif, si le rebord est irrégulier, c’est difficile de passer la lame.

Si il y a des imperfections importantes sur la surface ( bulles, griffures ou autres ), il faut également les enlever pour qu’elles ne déforment pas la plaque finale.

J’en profite pour arrondir les extrémités, ça se fait sans soucis et on voit bien la différences avant après!

Et voilà, après séchage, le corps est prêt. Par contre, le gabarit utilisé précédemment est trop petit à cause de l’épaisseur de la pâte.

La pâte est bien souple et du coup je l’utilise pour faire un nouveau gabarit ( plus proche des dimensions finies ). Cette fois, je trace directement sur une feuille blanche en aplatissant le corps du collier.

Pour faciliter la réalisation de la plaque de motif, je fais un gabarit transparent. Pour ça, je recycle 🙂  j’utilise le plastique transparent des boîtes de jouet d’enfant ! Je place une plaque de plastique sur la feuille blanche, je prépare des repères et je scotche la feuille ( sinon c’est galère, la feuille de plastique glisse tout le temps! ).

Encore une fois pour faciliter la préparation de la plaque de motif, je me suis fait des repères sur le gabarit en plastique et sur une feuille blanche que je scotche à l’arrière de ma plaque de verre.

Attention : le feutre permanent dégorge sur la pâte polymère ( c’est du vécu… ) alors bien marquer la partie supérieure et mettre tous les repères sur cette face.

Et maintenant on s’attaque à ce qui va être visible! ( et oui, tout le reste on ne le voit pas…).

La feuille scotchée sous mon plan de travail en verre me permet de préparer ma plaque de motif sans utiliser trop de matière. J’essaie de suivre l’arrondi :

Lorsque tout l’arrondi est recouvert, je passe le doigt sur chaque jointure pour vérifier que la hauteur est la même de chaque côté.

Si ça n’est pas le cas, j’enlève l’excès de matière avec la lame souple, tout doucement:

Cette étape permet de ne pas avoir de déformation lors du lissage ( papier sulfurisé + carte de fidélité comme plus haut ).

Chaque jointure doit avoir disparue :

Cette étape est primordiale pour avoir un fini le plus nickel possible. Alors on prend son temps et on caresse la pâte 😉

Une fois que je suis satisfaite, on passe au découpage. Pour ça, je pose mon gabarit transparent. Et c’est là que l’on voit l’intérêt des repères puisque je repère bien mon centre ( attention au dessus! ).

Je commence par un découpage grossier en laissant quelques millimètre tout autour. Attention pour les extrémités, toujours prévoir plus de marge.

Je commence ensuite le découpage plus fin, en m’aidant du gabarit de découpe. En premier, j’enlève environ un centimètre le long du gabarit avec ma lame rigide. Je ne m’occupe pas de l’arrondi. Je fais ça des deux côtés. De cette façon, je trouve que la pâte à moins de risque de se déformer quand on arrive aux extrémités.

Ensuite je suis mon gabarit mais cette fois avec mon scalpel de précision.

Plusieurs conseils pour cette étape :

  1. Prévoir de la place tout autour de vous.
  2. Faut pas être pressée, c’est là qu’on déforme ou qu’on coupe trop. Une fois déformé, dur de revenir en arrière. Si trop découpé, impossible de revenir en arrière! ( ou alors il faut étirer la pâte et ça, on a pas envie de le faire… faudrait pas déformer ce qu’on a mis des heures à faire! ).
  3. Toujours voir la pointe du scalpel . Si on ne la voit pas, c’est qu’on est mal installée.
  4. C’est le plan de travail qui bouge, pas votre poignet qui se retourne!

Du coup ça donne ça:

Une fois le tour fait, je décolle délicatement le gabarit.

J’enlève le surplus de pâte en passant la lame rigide en dessous pour la décoller.

Je décolle ensuite la plaque supérieure avec la lame rigide et je la laisse tranquille sur une feuille de papier sulfurisé.

Etape suivante ( ultra délicate… ), il faut habiller le corps du collier avec la plaque de motif. Pour améliorer l’adhésion entre pâte crue et pâte cuite, j’utilise systématiquement du Bake and Bond  ( marque Sculpey ). Je dépose des gouttes tout le long de la pâte cuite et j’étale au doigt.

A faire avant de mettre la Bake and Bond ( mais j’ai oublié ) : repérer le milieu du corps :

Et maintenant, on aligne le milieu du corps avec le milieu de la plaque de motif.

On met la pâte crue contre la pâte cuite en faisant adhérer avec les doigts ( doucement pour ne pas déformer ou déplacer la pâte crue ).

Je commence par le milieu et je continue ensuite vers les extrémités.

Il y a toujours de la pâte qui dépasse. On l’enlève avec le scalpel en se servant de l’épaisseur du corps comme guide pour la lame.

C’est maintenant que le ponçage du corps du collier se relève intéressant : la lame glisse tranquillement.

Pour les extrémités, même méthode que précédemment, je suis l’arrondi avec la lame rigide.

Pour que le corps cuit adhère au support au laiton ( et que du coup je sois sur que le collier garde sa forme ), je dépose un petit morceau de pâte crue ( épaisseur la plus fine possible ) sur l’arrière et j’appuie doucement.

Et c’est prêt pour la deuxième cuisson ( une vingtaine de minute ):

Après cuisson, il faut enlever les petits morceaux à l’arrière. J’enlève le maximum avec la lame rigide et si il en reste, ça partira au ponçage dans l’étape suivante. Je préfère faire ça après refroidissement, toujours pour être sur de garder la forme du collier plastron.

Encore une fois pour avoir un fini le plus impeccable possible, je ponce avant de poser ma semelle : les bords et la plaque de motif, le tout au grain 500.

De cette façon, l’adhérence et la découpe de la dernière couche est plus facile et plus nette aussi 😉

Pour la semelle, je fais l’arrière et le tour en une seule fois. Je prépare une plaque cran 5 de la machine dans la couleur choisie ( ici violet ) et je recouvre mon gabarit en papier. Je lisse les jointures et je décolle avec la lame rigide.

Attention à prévoir large aux extrémités.

L’arrière et les bords de la pièce cuite sont recouverts de Bake and Bond.

Etape suivante : on habille l’arrière et les bords avec la plaque violette. Je commence par le milieu puis je vais vers les extrémités. Il faut appuyer pour que le cru et le cuit se collent l’un à l’autre mais pas trop pour ne pas déformer la pâte crue. Il faut également veiller à ne pas emprisonner d’air entre la pâte crue et la pâte cuite ( sinon il se formera des bulles lors de la cuisson, l’air chaud déformant la couche de pâte crue ).

Je rabats ensuite les bords, en commençant par les extrémités.

J’enlève le maximum de pâte avec la lame rigide, ça déforme beaucoup moins la pâte.

A cette étape je commence à texturer ma pâte. J’utilise un morceau de filtre pour aquarium 🙂 Je presse doucement tout le long de l’arrière du collier en relevant légèrement sur les bords.

Pour finir correctement les bords, j’utilise le scalpel de précision. Et encore une fois, le ponçage précédent permet à la lame de glisser sans accrocher.

Les déchets de cette étape sont mis dans la pâte cracra. Souvent ils sont mélangés avec de très fins morceaux de pâte cuite et ça peut se voir lorsqu’on veut travailler la couleur pour faire une plaque unie par exemple.

Pour être sur de l’adhérence entre pâte crue et cuite, je caresse la pâte crue vers la pâte cuite. Le bord n’est plus du tout net mais on le rattrapera après ponçage.

Avant de partir au four, inspection minutieuse :

  • pas de bulle sur l’arrière. Si oui, une aiguille, on fait sortir l’air et on retexture.
  • pas de vide entre pâte crue et cuite sur les bords.
  • la pâte est texturée partout.

Quand cette étape est faite, dernière cuisson à l’envers sur le support pour ne pas risquer la déformation.

Cette cuisson est plus longue, au moins 50 minutes. J’assure dans ce cas une bonne rigidité ( même si une pièce de cette taille reste souple ).

Après cuisson, j’attaque la dernière ligne droite : ponçage et polissage.

Je ponce en 3 étapes :

  • grain 500, je change l’eau;
  • grain 800, je change l’eau;
  • micromesh : grain 1500 ( très longtemps ), puis grains 2400, 3200, 4000 et 6000.

Lorsque le ponçage est terminé, je prends le temps de nettoyer l’arrière. En effet, lorsque la couleur de la semelle est foncée ( comme c’est le cas ici ), des dépôts de poussière de ponçage peuvent se faire dans les empreintes de la texture. Du coup, on a parfois des points plus clairs pas forcément très jolis.

Du coup, j’ai trouvé ça et ça me convient bien : une brosse à ongle souple avec quelques gouttes de liquide vaisselle.

On rince, on sèche en tamponnant et c’est parti pour le polissage.

J’ai la chance d’avoir un mari bricoleur qui tourne le bois et du coup, j’utilise son tour sur lequel j’utilise un disque à polir en flanelle, à 2500 tours/minute.

Mon mari n’ayant pas toujours bricolé le bois, j’avais avant le même disque de flanelle mais installé sur une perceuse. Ça marche bien aussi mais la vitesse est plus difficile à régler et c’est infiniment plus bruyant!

On caresse doucement la pièce avec le disque:

Pour vous assurez de l’intérêt IMMENSE de cette étape, une photo avant et une photo après:

Les couleurs sont beaucoup plus éclatantes, plus profondes.

Je trouve que la prémo ( que j’utilise maintenant ) a un fini plus brillant que la fimo.

Voilà ce que ça donne pour la pièce entière :

Dernière étape, le montage.

J’ai fait très simple. Je vous montre le résultat sur un autre collier : un anneau à chaque extrémité, une chaine à maillon large et un fermoir mousqueton.

Après quelques heures de travail, vous pourrez arborer votre beau collier plastron:

J’espère que ce tuto servira 🙂

Si c’est le cas, laissez un commentaire et je veux bien voir le résultat 😉

Et puis si j’ai dit des bêtises, ou s’il y a des choses pas claires, n’hésitez pas à me le dire.

Si vous en voulez plus, vous pouvez me retrouver sur ma page Facebook : Bijoux Aude Kréation 🙂

Vous pouvez également acheter mes bijoux sur ma boutique en ligne : Aude K.

Merci merci et à bientôt!

Petit plus : lors de la réalisation de ce collier, j’ai découpé des morceaux de plaques en trop, et à un moment ça m’a donné ça:

Et là, je me dis qu’il y a autre chose à faire 😉

A suivre…

Les différentes étapes de création d’un bijou.

Pour ce deuxième article, je rentre dans les détails de la création d’un bijou. Quelles que soient les techniques utilisées, on y retrouve les mêmes étapes.

1ère étape : la préparation des couleurs.

Après avoir testé différentes marques de pâte polymère, ma préférence va à la Prémo et c’est donc celle que je travaille maintenant.
Pour préparer les couleurs dont j’aurai besoin dans mon projet, je peux utiliser directement les couleurs du commerce ou je peux également créer des couleurs par mélange.

Couleurs de la série « Hiver Africain »

Je travaille ensuite ces couleurs selon différentes techniques mais le principe reste le même : préparation et mise en forme de la pâte crue en vue de la cuisson.

2ème étape : la cuisson
J’ai un four ( offert par mon mari! ) que j’utilise uniquement pour la cuisson de mes pièces. Il se trouve dans le garage ( ce qui évite d’enfumer la maison en cas de problème! ).
Voilà un collier plastron avant cuisson sur un saladier en inox.

Une fois la pâte cuite, elle devient dure et ne peut plus être modelée.
La plupart des pièces nécessitent au moins 2 cuissons, certaines plus, en fonction des techniques.

3ème étape : l’arrière de la pièce
Pour ma part, j’apporte beaucoup d’importance à la finition. L’arrière de la pièce doit être propre et agréable au toucher.
Pour ça, je prépare par ponçage la partie supérieure pour que la pose de la semelle ( ce qui recouvre l’arrière de la pièce ) soit impeccable :

Plusieurs semelles :

Semelle texturée d’un collier plastron.
Semelle lisse d’un pendentif.

 

La semelle nécessite une seconde cuisson.

Lorsque j’y pense et que la semelle s’y prête, j’ajoute mes initiales ( grâce à un tampon réalisé par mon frère! ).

4ème étape : la finition
Comme je l’ai dit plus haut, j’accorde beaucoup de soin à la finition de mes bijoux. Pour ça, je passe des heures à poncer et polir mes pièces.

Lorsque la pièce est poncée mais pas polie, le fini est lisse et mat :

Pendentif de la série « Bleu Géométrique »

Le polissage permet d’obtenir un fini brillant :

Bague de la série « Hiver Africain »

5ème et dernière étape : le montage
Pour réaliser le montage de mes pièces, j’utilise le plus souvent possible des matériaux de qualité : acier inoxydable ou argent 925.
Cette étape peut parfois durer des heures, il faut trouver le montage qui mette la pièce en valeur.

Après tout ça, il reste la prise de photo et la mise en vente des bijoux mais on n’est plus vraiment dans la création 🙂
Quoique, je prépare moi même les supports de prix pour mes ventes « directes » ainsi que les emballages 🙂

J’espère que cet article vous aura appris des choses, ou au moins plu 😉
Merci de m’avoir lu!
Aude